09.11.2008
Et si ?
Piercing fait. Une nouvelle étape, une nouvelle page de tournée. J'adore cette sensation de muer, de changer de peau et de laisser quelque chose derrière soi. Du bien ou du mal peu m'importe, le fait est que j'évolue, je mute, c'est le principal. Ça paraît idiot mais ce sont des symboles pour moi. En revoyant les photos je peux dire "J'ai coupé mes cheveux pour la première fois après ça", "je me suis faite piercer après ça". Autant de petites marques indélébiles dans mon esprit.
Je n'ai jamais eue autant l'impression d'un cheminement spirituel. C'est au plus profond de moi et j'en viens à me dire que peut-être moi aussi je commence à ressentir la foi comme je l'ai toujours admirée chez les autres. Ce n'est peut-être pas exactement la même chose qu'une croyance en un Dieu parce que malgré tout, mon envie de partir est toujours là et s'en est presque flippant car j'ai envie de partir pour rejoindre cet état de dissolution du corps qui m'obsède. Comme si en me séparant de mon corps, j'allais m'élever à une sphère plus profonde, encore inconnue des mortels. Des frissons parcourt mon corps chaque fois que j'y pense et que je me dis que c'est peut-être possible.
Il s'est forcément passé quelque chose. On ne ressent pas ça comme ça du jour au lendemain. Je me dis que j'ai été touchée par quelque chose durant cette nuit. J'ai été pénétrée par quelque chose qui dépasse mon entendement mais quoi ? Est-ce que je saurais être patiente et résister à l'envie d'aller le chercher de moi-même ?
J'essaye de garder les pieds sur terre, d'écrire autre chose que ce que j'ai au fond de moi, des choses banales comme le fait que j'aille à la Tokyodecadance le 22 novembre à Paris.
Avec Mathieu, je ne sais pas si le fait que nous nous ressemblions tant est une bonne chose. D'un point de vue rationnel et extérieur à la chose, j'essaye d'adopter ce point de vue car moi de l'intérieur j'y suis tellement bien. Ne nous entrainerons-nous pas mutuellement vers le fond ? Toujours plus loin ? Il faudra forcément que l'un des deux soit fort pour l'autre et ne se laisse pas aller à de vieux démons. Que ce soit drogues ou expériences dangereuses. Je sens qu'il y a un potentiel qui ne demande qu'a émerger. Il suffit parfois de tomber sur les "bonnes" personnes et alors tout cela se révèle. Sauf que là c'est quelque chose de négatif qui pourrait se révéler. Pas quelque chose qui pourrait me faire du mal à moi ni à lui, mais quelque chose qui pourrait faire du mal aux autres. Nous, je le sens c'est une bulle envers les autres.
Aurais-je envie d'être raisonnable et d'arrêter de pousser si loin ?
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25.08.2008
Soirée Parano et changement d'attitude.
Les choses s'arrangent. J'ai passé un très agréable week-end. Pour commencer, la soirée Parano vendredi à la Battelerie de Bruxelles. Dernière grosse soirée Paranoïaque de l'année. D'habitude, elle a lieu en novembre et c'est toujours avec grand plaisir que je m'y rend. Ce que j'aime là-bas c'est que tout le monde est accepté. Je m'y suis rendue trois années de suite. La première fois, j'étais simplement vêtue d'un jean et d'un débardeur plus des talons. Comme pour aller en boîte. L'année dernière j'ai voulu être un peu plus originale et puisque le thème était "Zombis VS Lapinoux" j'en ai profité pour me déguiser en Fran, personnage de Final Fantasy XII. J'avais dit que la prochaine fois, je serais en Prince, seulement je n'avais pas prévue que cette soirée viendrait si tôt alors j'ai fais avec les moyens du bord. J'avais envie de quelque chose se rapprochant d'une gothique lolita car c'est un style que j'affectionne particulièrement. Le thème était "Nordi Horror Picture Show" clin d'oeil au film du (presque) même nom.
J'ai un peu galéré car laps de temps très court mais j'ai finalement pu avoir exactement la tenue que je visualisais dans mon esprit, j'étais plutôt contente. Donc vendredi soir, départ en trombe accompagné de Mickaël qui se dépucelait des soirées Paranos par la même occasion. En même temps que Marc qui avait déjà été à quelques visus mais jamais la grosse soirée comme celle-ci.
Ca leur a plu, je suis plutôt contente car je leur ai toujours décrit ça avec emphase. Malgré ma tenue osée, aucuns regards de travers, des sourires, des rires, des gens complices, des rencontres, dur de replacer les gens du net quand on les voit en vrai mais au final, que du bon. Même si je me suis pelée pendant une heure sur la scène dehors parce que le chéri mixait et que je voulais filmer un maximum pour qu'il puisse tout mettre sur son myspace. Même si j'ai loupé quelques personnes, que du bon. Puis ma petite séance photos avec les pros, j'ai adoré. J'adore cette ambiance, cette éclectisme, je me sens tellement moi là-bas dans cet univers déjanté.
Et enfin avec lui, ça va beaucoup mieux. J'essaie de mettre ma méfiance dans un coin de ma tête même si c'est dur. Trop de fierté. Ce n'est pas de souffrir dont j'ai peur. Je pense que plus jamais je ne souffrirais comme j'ai pu souffrir quand mon premier amour m'a quitté, ça m'a blindé. Mais j'ai un orgueil un peu trop grand je crois alors me savoir baffouée, ça me boufferais littéralement. Vendredi soir (ou samedi matin très tôt) quand nous sommes rentrés, je dois dire que je pensais que ma tenue lui aurait fait de l'effet. Je m'étais trompée. Lavée et dodo. Lui est parti sur son PC, à 7h00 du mat. Je me suis endormie et ses bras autour de moi m'ont réveillée. Comateuse, je n'ai pas très bien compris ses mots mais je crois qu'il se sentait mal. Il se remet souvent en question, se trouve nul, dit qu'il ne fait rien de bien de sa vie. Souvent après les soirées, c'est son ressenti.
Samedi 14h00. Je me lève, je repense à la veille et je fonds en larmes. Je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi il ne me touche plus depuis plus d'une semaine. Ce n'est même pas de la frustration, c'est juste que je me sens ridicule. Ridicule et laide. Stupide d'avoir voulu faire la jolie nana sexy alors que je n'ai pas de quoi. Lui dort. Je m'installe sur le PC. Je ne lui en veux même pas. Les autres jours, c'était de la rancoeur, là ce n'est que tristesse. Je me dis qu'après tout, ce n'est pas sa faute si je ne suis pas à son goût, ça arrive parfois.
15h00, je décide d'aller faire un peu de ménage, je ne suis pas chez lui pour me glander sans arrêt non plus. Vaisselle. J'aime bien faire la vaisselle. Il m'appelle, "poulette !!!!", "poulette viens me faire un câlin !". Je pose l'assiette que j'avais dans les mains. Comme un gosse malade. C'est mignon, parfois quand il s'endort le soir et que moi je n'ai pas sommeil, il veut juste que je m'allonge à côté de lui et que je lui tienne la main le temps qu'il s'endorme. Je m'allonge et je le serre fort dans mes bras. Je suis triste mais je ne veux pas le montrer, je me sens ridicule. Alors je l'écoute lui, me dire ce qui ne va pas, qu'il est nul, qu'il ne fait rien de bien de sa vie. Mais c'est plus fort que moi, mes yeux pleurent. Il me demande ce qui ne va pas et comme d'habitude, je fais semblant. "c'est à cause de moi que tu pleures". Et là j'ai pas tellement compris pourquoi mais il m'a dit des choses qu'il ne me dit jamais. Qu'il était nul avec moi, que j'étais bien plus belle que lui, que je devrais être avec un autre mec, bien mieux. Qu'il m'aimait, qu'il avait envie de moi, que j'étais belle. Tout ça sans que je le lui dise. Il avait compris qu'hier soir j'espérais qu'il me désirerait et qu'il me le montrerait mais rien.
Nous sommes restés une heure au lit, à juste parler et se câliner. Il m'a dit qu'il aimait bien quand je "faisais la maman", que je prenais soin de lui. Je ne dirais pas faire ma maman, je n'aime pas ce terme. Une mère on n'en a qu'une, je prends juste mon rôle de Prince bien plus au sérieux que je ne veux le prétendre même si je commets des fautes qui ne sont pas dignes de l'appellation que j'ose me donner. J'essaye d'être le plus possible là pour les personnes auxquelles je tiens mais je chute souvent. Ca m'a fait plaisir même si les mots n'étaient pas les mieux choisis.
Le samedi soir et le dimanche furent parfaits. Je me suis détendue, j'ai cessé d'être sur la défensive, je me suis laissé aller et ce fut agréable. Nous nous sommes quittés sur un "je t'aime" spontané et j'ai su que 'était sincère.
22:12 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.08.2008
Comme quoi tout arrive
C'est la deuxième fois en 21 ans qu'une telle chose se produit : un gosse vient vers moi.
C'est un évènement tellement extraordinaire pour moi que lorsque cela arrive, hé bien j'y pense plusieurs jours d'affilée et cette fois-ci, je le blogue même carrément. Pour comprendre, je pense qu'il faut avant tout que je revienne sur ma personne. Les enfants et moi, ça fait dix. Je ne les aime pas et cela m'a tout l'air d'être réciproque. Oh bien sûr, il m'arrive quelquefois d'avoir des coups de coeur, je trouve tel ou tel gosse mignon ou drôle. En général c'est parce qu'il est futé ou vicieux, les deux choses vont ensembles et que ça m'amuse particulièrement. En dehors de ça, je crois que les enfants ne me touchent absolument pas. Je ne m'extasie pas devant un bébé, je n'ai aucune envie de prendre un moutard dans mes bras, si l'un d'entre eux pleurent, ô grand jamais je ne viendrais voir ce qu'il passe et encore moins souffler sur son bobo (bon j'irais voir s'il hurle à la mort quand même hein) et les métiers comme puéricultrice et tout le tintouin m'ont toujours semblé l'horrer absolu, une torture permanente.
Non les enfants et moi décidémment, ça ne passe pas. J'ajoute que parfois, j'essaye de faire un effort. Parfois, devant un bébé aux grands yeux et à la jolie bouille, je m'attendris. Oui la petite chose est mignonne. Je crois que les grands yeux y sont pour quelque chose. La petite chose est drôle quand elle babille, j'ai envie de toucher la petite chose. Seulement là horreur, la petite chose doit sentir que ce n'est pas naturel chez moi : elle fuit. Et plutôt deux fois qu'une, on recule, puis on va se cacher dans les jupons d'une personne plus accueillante. Là, la réaction est immédiate "je n'aime pas les gosses de toutes façons". Alors je l'avoue, je suis en général blessée. Surtout, je me sens ridicule. Moi qui n'ai aucun gestes maternels, je suis déboussolée devant un simple bébé. Je ne sais pas quoi dire pour les faire rire, comment les approcher, comment leur proposer un gâteau avec une voix que je veux naturelle. Voilà ça me destabilise les petits.
Il y a quelques jours, je me suis rendue chez ma mère. Un petit passage vite fait, une halte pour se désaltérer car nous faisions du vélo Marc et moi. Il se trouve qu'en ce moment, le frère de mon beau-père a ses enfants chez lui. Deux bambins de 6 et 2 ans. Un petit garçon et une petite fille. J'ai toujours trouvé Messad (c'est son prénom) jolie. Je l'ai vue vraiment bébé et elle a toujours ressemblé à une petite poupée à la peau délicatement hâlée, aux grands yeux noirs et aux jolies boucles brunes. Toujours en présence de sa mère ou son père, jamais je n'ai fais un pas vers elle, me contentant d'admirer de loin cette petite créature.
Et justement ce jour-là, ils étaient chez nous. Ce sont les cousins de mes petites soeurs (en réalité mes demi-soeurs mais je ne fais jamais la distinction quand je parle d'elles). Et là, ce joli bébé assis par terre, jouant gaiement avec sa maison de poupée. D'emblée, Marc lui a parlé, comme un adulte parle à un enfant. Moi non, mal à l'aise, je savais bien que j'aurais surjoué de toutes façons. Alors j'ai continué de l'observer et de sourire discrètement en voyant à quel point elle était éveillée pour son âge.
Hier, je suis allée chez ma mère. De nouveau, les deux enfants étaient là dont la petite Messad qui comme chaque enfant m'approchant me regardait de ses grands yeux noirs avec une pointe d'interrogation. "Est-ce que la madame blonde est méchante ?". En théorie oui, j'ai le visage froid et peut-être que cela joue dans mes relations avec les enfants mais il se trouve que cette fois-ci, j'ai d'abord eu envie de rire un peu. Peut-être par dépit, je lui ai lancé un "méchant le chat !" en pointant mon doigt vers elle pensant qu'elle allait sursauter, partir en courant, que sais-je encore, ils sont étranges ces bestiaux.
Hé bien il se trouve que non. Elle a rit et immédiatement s'est mise à babiller, à me parler. Un bébé est venu vers moi bon sang et moi qui suis une vraie Cruella, je me suis trouvée attendrie devant ce petit être me demandant si je pouvais la prendre sur mes genoux. C'est tellement idiot d'être émue par ce genre de choses, je me mettrais des claques si je pouvais et réellement. J'ai honte de dire que je me suis surprise à jouer avec elle, à la câliner, à lui donner à manger, à l'essuyer parce qu'elle aime manger les petits bouts de jambon sur la pizza avec ses doigts. J'ai honte d'éprouver un sentiment que j'ai toujours détesté chez les autres.
Alors c'est ici que je me confie car les gens qui me connaissent seraient surpris de savoir à quel point j'ai été touchée par l'attitude d'une gosse de 2 ans. Un bébé a réussi à me faire me poser des questions sur ce que je ne comprenais pas et que par conséquent je fuyais et n'acceptais pas.
Et si c'était ça les petits bonheurs de la vie ?
16:51 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


