29.04.2009
L'allégeance.
C'est comme des barrages. Des chaînes. Est-ce que chaîne est le bon mot ? Elles me retenaient, puis petit à petit, elles cèdent toutes. Une à une, au fil des années. Ca prend du temps à user des chaînes. Ca prend du temps à briser des liens. Et ça ne me fais pas mal. C'est juste une sensation étrange. Peut-être que c'est ce que ressentent les gens quand ils sont enfin détachés de tout. Peut-être que c'est ce que ressent un petit oiseau quand il va s'envoler pour la première fois.
Nos passions nous retiennent ici. Nos affections aussi. Lorsque tout cela est parti, à quoi accède t-on ? Je crois que l'on a toujours un fil qui nous rattache, il suffit de trouver lequel. Alors je me demande si c'est possible de ne plus en avoir aucun.
J'avais ma famille. Je me rends compte aujourd'hui qu'elle ne m'importe plus. Mes frères et soeurs ne me touchent plus. C'est comme si je vivais au travers d'une vitre. Je les vois mais ne les sens plus. C'est la même chose pour mes parents. Je ne les comprends plus. Les ai-je un jour compris ? Ai-je crue les comprendre seulement parce que j'étais leur fille ? Je ne sais pas.
Mon meilleur ami m'est étranger. Il ne reste que du superficiel. Ils me sont tous étrangers. Peut-être que c'est moi qui leur suis étrangère.
Je me demande ce qu'il faut que je fasse. Comment je dois agir. Est-ce que je dois continuer des études que je ne comprends plus ? Est-ce que je dois conserver une relation dont je ne vois plus l'utilité ? Je ne sais même plus quoi écrire. Ma pensée se bloque quand je me demande pourquoi. C'est vide. Je cherche désespérément des raisons a des tas de choses et je n'en trouve plus. C'est étrange et apaisant comme sensation. C'est apaisant de se dire qu'on est vraiment libre. Peut-être que je crois l'ête vraiment. Ne plus être rattachée aux contraintes terrestres, aux passions humaines, c'est ce que j'ai toujours voulu non ?
La seule chose à laquelle je me retienne désespérément, c'est ce fichu test de grossesse. Je ne me résouds pas à le jeter. C'est impensable. C'est la seule chose qui me rallie encore à mon Bébé. La seule chose qui me rallie à cette Vie.
02:07 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Il paraît (et je pense que c'est vrai) que l'un des effets qui fait de l'anorexie un piège dont il est difficile de se libérer est l'anesthésie qu'elle apporte. Détachée de la vie, des autres, des relations. Je ne sais pas où tu en es niveau TCA actuellement, et ca ne me regarde pas, mais disons que c'est ce à quoi ton texte m'a fait penser.
On croit se sentir "bien", détachée de tout comme cela, mais ce n'est qu'une illusion. Destructrice. Ce n'est pas parce qu'on s'injecte de la morphine et qu'on ne sent plus la douleur d'une fracture que celle-ci se répare pour autant et qu'on peut remarcher.
Si ce test de grossesse est la seule chose qui te rattache actuellement, alors garde-le. Et essaie de retrouver d'autres fils. Ce ne sont pas forcément des chaînes (car chaîne --> emprisonnement, aliénation), mais aussi des soutiens, ceux qui font que l'on reste debout et que la vie prend son sens. L'un de ces fils sera sans doute, un jour prochain, donner la vie... (j'espère n'être pas maladroite en évoquant cela..juste que l'épreuve que tu as vécu semble montrer que cela fait partie des choses qui, au fond de toi, peuvent donner un sens à la vie)
PS:
belle image...
Ecrit par : Elodie | 30.04.2009
Ah, je ne savais pas que tu avais un nouveau blog, il est très joli! (je suis passée par chez Kyuu)
Ecrit par : Amalia | 13.05.2009
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