07.04.2009

Un jour d'avril, j'ai perdu la Lumière.

"Pensez à quelque chose de sympa parce que quand on se réveille, on reste sur la dernière impression avec laquelle on s'est endormi".

Et quand j'ai fermé les yeux à ce moment-là, quand l'infirmière m'a dit que j'allais normalement avoir la tête qui tourne, ma seule pensée, c'est vers toi qu'elle est allée "on va tuer mon bébé".
Lorsque de nouveau mes yeux se sont ouverts, immédiatement des larmes se sont mises à couler. Seules, comme moi je l'étais dorénavant. J'ai mis ma main sur mon ventre pour me dire que c'était inutile, tu n'étais plus là de toutes façons. Et la douleur m'a rappelé que c'était désormais irrémédiable.

Et cette nuit, je suis seule. Des spasmes me secouent et je crois que je n'ai jamais vécue un tel désespoir. Les sanglots s'écoulent malgré moi. Je n'ai pas les mots je crois pour exprimer la souffrance que je ressens. Je voudrais que le sol s'ouvre sous mes pieds et m'engloutisse. Ce soir j'ai vraiment envie de mourir. Je n'ai de toutes façons plus de raisons de vivre.

Je râle comme un animal blessé. J'ai envie de me frapper la tête contre les murs pour que la douleur physique laisse place à la douleur mentale. On me brûle le coeur avec un fer rouge.

On a tué, j'ai tué mon bébé. On l'a réduit en bouillie et on l'a aspiré. On a osé me dire lorsque j'étais sur la table "ne t'en fais pas, ça ira mieux dans une heure". Personne n'a pensé une seule seconde que l'on me tuerait en m'enlevant ça. On a osé me dire que je gâcherai ma vie si je le gardais mais est-ce qu'une seule seconde putain de seconde on s'est demandés si ça ne gâcherai pas ma vie de le tuer ?

Et moi j'ai tout écouté. Je me suis laissée penser que c'était la seule solution puisque personne n'en voulait. Ou peut-être qu'au fond j'espérais que ça me tuerai. Que cette dernière épreuve me terrasserait. Je ne pourrais pas vivre avec le poids de ce remord. C'est plus fort encore que lors de ma tentative de suicide. Plus fort que ma peur de grossir.

Cette nuit, je veux vraiment mourir.

Commentaires

N'oublie pas que je suis toujours là, n'hésite pas, meme la nuit, n'importe quand, je suis tjs là pour toi, je pense fort à toi, je t'aime fort

Ecrit par : chaton | 07.04.2009

J'aurais aimé pouvoir te serrer fort dans mes bras. Bisous.

Ecrit par : Kyuuketsu | 07.04.2009

Je suis tombée par hasard sur ton blog. Et je vois que tu as dût subir une épreuve bien difficile. Je suis passée par la aussi, c'est très dur à accepter. Mais dis toi au moins, que même si tu as fait cela, tu peux toujours avoir la chance d'en ravoir un autre un jour, dans de meilleures conditions. Certes, tu n'oublieras sûrement jamais ce jour là, mais le temps peut parfois adoucir ce genre de souvenirs.

Je ne te dirais pas, comme tout le monde, que l'avortement était la meilleure chose a faire, j ne connais pas tes raisons, et je ne dirais pas non plus que tu aurais gâcher ta vie en le gardant, on peut toujours se débrouiller. Ta vie aurait simplement été plus dure peu être.

Je comprend largement ta peine. Mais sache au moins que, toi, tu es capable d'en ravoir un jour, alors que certaines personnes n'en ont plus la capacité.

En tout cas, je suis de tout coeur avec toi. Le temps peut parfois faire des miracles. Laisse donc ta peine s'estomper a ton rythme.

Bon courage en tout cas, pour tout ce que la vie te fera voir.

Anna

Ecrit par : Anna | 15.04.2009

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