30.03.2009

Ce sont des mains qui s'attardent.

Il y a une chose que je n'avais jamais appris comme ça. Avec les autres, lorsque la discorde éclatait, faire l'amour n'était qu'une nécessité. Un besoin d'une part d'être remplie, de l'autre de se vider. On est en colère chacun de notre côté mais en bons animaux que nous sommes l'envie est plus forte et peu importe les griefs. Peu importe si après ne reste qu'un goût amer à la pensée de nos ébats.arbres_chute.jpg

Puis il m'a expliqué ; avec des mots tout simple que même s'il m'en voulait, même s'il était en colère après moi, ça ne voulait pas dire qu'il ne m'aimait plus. Que c'était toujours une marque d'amour entre nous et que d'une certaine manière c'était se dire que oui, on s'aimait quand même.

Et j'ai trouvé ça si plein de bon sens et si censé que je me suis demandée pourquoi durant toutes ces années je n'y avais jamais pensé.

27.03.2009

J'ai perdu ma force et ma vie.

J'ai eu mon rendez-vous au planning familial aujourd'hui. Avec la psychologue. Apparemment l'entretien est obligatoire. Comme j'ai propension à râler sur absolument tout, je marmonnais que bientôt, pour prendre un rendez-vous chez le coiffeur, il faudrait également voir un psychologue. Il faut dire aussi que je n'ai pas tellement une bonne image d'eux, cela va sans dire. Psychologues, psychiatres. Je me sens directement agressée par leurs questions. J'ai toujours l'impression qu'ils sont mielleux avec moi pour me faire avaler leurs théories fumeuses et je pars donc toujours directement dans un rapport d'attaque.

Je n'étais pas en forme du tout non plus ce matin. Comme dans tous les hôpitaux, ils mettent plusieurs patients avec un rendez-vous à la même heure pour être sur d'avoir quelqu'un si un se désiste. J'ai cru que j'allais vomir dans la salle d'attente. Finalement quand je regarde bien l'attente n'a peut-être pas été si longue que ça, un peu plus d'une demi-heure, j'ai connu pire. En tout cas, la femme qui a pris mon rendez-vous hier au téléphone était également à l'accueil et je l'ai trouvé très gentille. Une jolie voix, un petit visage mutin sous son carré blond.

Alors je peux le prendre du bon côté. Je suis partisante du fait de faire des expériences, qu'elles soient bonnes ou mauvaises d'ailleurs. Je pourrais donc dire que j'ai vécu cette expérience. Cependant, je me demande vraiment pourquoi on nous fait venir à des entretiens pour nous dire "la décision vous appartient et il faut que vous vous l'appropriez". Ok ma grande sauf que j'avorte vraiment par raison car si j'écoutais mon coeur, je n'en serais certainement pas là. Donc m'appropriez la décision, je le fais peut-être un peu trop car je m'en veux énormément. La seule chose que je dois faire en réalité, c'est essayer de ne pas en vouloir aux autres de cette décision mais à qui pourrais-je en vouloir concrètement ? Mon copain peut-être mais si je lui en veux, ce n'est pas de mon avortement donc ça s'arrête là. C'est moi que la culpabilité rongera, ça ne sera qu'une tare de plus à ajouter aux nombreuses autres.

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Pour être un peu plus futile parce que j'en ai assez de porter ça toute seule et même si ça me fais atrocement mal aux entrailles de renier mon enfant, je dois avouer que je me trouve particulièrement moche en ce moment. J'ai fais du noir par dessus mon blond et je regrette un peu en fait. C'est pas que foncièrement je trouve ça laid, ça va mais non décidément je me plaisais beaucoup mieux en blond complet. Je vais donc voir pour redécolorer tout ça parce que je hais me sentir comme ça.

Me sentir laide, savoir que j'ai beau mettre mes plus beaux vêtements, je me trouverai toujours moche. Ca joue sur le nombre de crises que je fais. Je voulais m'acheter quelques fringues avec l'argent que j'ai réussi à amasser car je voulais recommencer à mettre des slims (plutôt que de piquer celui de ma petite soeur) et en fait je me dis que je suis grosse et qu'il vaut mieux attendre que "ça" (c'est pas moi qui le dis, ça m'a d'ailleurs mis une claque dans la gueule car c'était assez spontané) ne soit plus là pour que je puisse maigrir tranquillement. J'ai également besoin d'un manteau noir assez simple pour mettre par dessus mes robes mais je ne supporte présentement pas me voir dans une glace.

J'ai donc décidé de m'offrir Resident Evil 5, au moins avec ça, je pourrais rester cloitrée chez moi de nombreuses heures sans penser ni à mon bébé, ni à ma supposée laideur, ni au monde alentour. A la place, je me prendrais pour un beau mec bourré de testostérone (et n'ayant surtout pas d'utérus pour que quelque chose d'impromptu vienne s'y greffer) et dézinguant du zombi à tout va.

Rendez-vous mardi chez le gynécologue. Ecographie. Je ne veux pas voir à quoi ressemble mon (parce que oui j'ai compris que c'était ma responsabilité) petit haricot.

25.03.2009

Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

Je prends rendez-vous demain pour un avortement. Tout à l'heure chez le médecin, j'ai eu toutes les peines du monde à refouler mes larmes mais je l'ai pourtant fait. C'est vrai, il avait l'air heureux pour moi ce docteur. Il pensait que je le gardais et me donnait déjà des conseils pour éviter la toxoplasmose car je n'ai apparemment pas été vaccinée. Des conseils aussi sur mon alimentation. Ce qu'il fallait que je mange, beaucoup de légumes, de la viande quand même, etc.

Les mots ont eu du mal à sortir de ma gorge "et si je veux avorter ?". Ca m'a surprise de voir son visage changer. Peut-être parce que cela fait longtemps qu'il me connaît. Peut-être parce que j'ai été à l'école avec sa fille, peut-être parce qu'il m'a vue dans pas mal de stades de ma maladie. Mes 37 kilos, ma boulimie par la suite, la dépression. Il m'a demandé ce qu'en pensait le père et je lui ai donné franchement mon point de vue sur le sujet. Il m'a dit "pourtant la semaine dernière quand tu es venue, je pensais que ...".

Je pensais aussi. J'étais heureuse. Maquillée, coiffée.

Aujourd'hui j'étais cadavérique. Je suis épuisée. Je me traîne comme une loque. La nausée ne me quitte plus et je me force à manger des aliments normaux. Des pâtes, des oeufs, tout ce qui peut me donner un peu de force car sans ça, je reste allongée toute la journée à penser à cette vie que je vais étouffer comme une flamme. Et je me dégoûte de manger pour rien. Si je mangeais pour lui, ce serait différent. Puisqu'il va disparaître, à quoi bon manger ? A quoi bon continuer de me nourrir ? A quoi bon emmagasiner ce gras dans mon corps si ce n'est pas pour sa survie à lui ? A rien. Je ne me forcerai plus quand il ne sera plus là.

Il m'a dit qu'il faudrait faire une écographie afin de mesurer sa taille et voir depuis combien de temps il est là. Ma gorge s'est serrée à cette idée. Parce qu'on a beau dire qu'on ne veut pas le voir, nos yeux se tournent toujours instinctivement vers ce que l'on ne veut pas voir. Comme lorsque je prend ma douche et que cette horrible glace me renvoie mon reflet. De toutes mes forces j'empêche mon regard de se poser sur ce corps déformé et pourtant, chaque fois, il finit par s'y attarder. A détailler cette horreur dans les moindres détails. Entendre cette voix résonner dans ma tête "que tu es laide".

Et je lui en veux à Lui. Enormément. Je lui en veux de ne pas me parler. Je lui en veux de ne jamais parler non plus de ce que je porte. Je lui en veux de ne jamais en avoir parlé à d'autres personnes que des gens du net et un camarade de classe, comme si c'était honteux. Comme si cet enfant était une maladie qu'il fallait cacher. Je lui en veux de ne jamais m'avoir parlé d'un quelconque avenir alors qu'il disait vouloir le garder lui aussi. Je lui en veux de ne pas me prendre dans ses bras et de me dire que tout va bien se passer, quoiqu'il arrive. Je lui en veux de devoir être forte pour deux. Je lui en veux de ne pas manger. Je lui en veux de réussir mieux que moi là où j'échoue. Je lui en veux de ne pas réussir à manger alors que moi je suis un porc. C'est moi l'anorexique. C'est mon rôle à moi. C'est moi qui ne mange pas. C'est à moi que l'on dit que c'est bien de manger.

Que me reste t-il ? Il ne me reste qu'une haine implacable. Toujours la même, toujours latente car quand je relis mes posts je me rends compte qu'il en est souvent question. Je n'ai plus rien de particulier. Mais qu'avais-je avant d'être malade ? Je ne me souviens plus. Je me souviens juste de toutes ces choses lorsque j'étais enfant. Toutes ces choses qui ne sont pas normales et que l'on supporte stoïquement pourtant. Jamais je n'ai pleuré sur mon sort étant enfant. Jamais je n'ai pleuré en me disant que la vie était injuste, jamais je n'ai pleuré en me disant que mon beau-père n'avait pas le droit de nous battre et de nous faire toutes ces horreurs. Jamais je n'ai pleuré en me disant que j'étais laide. Je l'étais, c'est tout. Je n'ai jamais pleuré non plus lorsque je trouvais étrange que notre mère laisse quelqu'un nous faire du mal alors que ce n'est pas le rôle d'une maman.

La vie était comme ça, c'est tout. Point. Il n'y avait pas à chercher plus loin.

Et si je devais arrêter de chercher plus loin et me résigner ? Est-ce que cela changerait quelque chose ?

21.03.2009

Lui.

Lui, Lui et Lui.

J'ai presque honte de l'écrire comme ça. Pourtant c'est prétentieux parce que mon blog n'est pas la chose la plus lue sur cette planète et c'est déjà trop.

Lui et moi ça fait déjà quelques temps que l'on se connaît. Au début c'était un jeu. Pourquoi lui je ne sais pas. Parce que j'aurai pu aller vers d'autres. Vouloir faire d'autres un défi mais c'est lui que je voulais. Parce que déjà j'avais remarqué ses grands yeux bleus. C'était comme ça. Pourquoi chercher plus loin ? Pourquoi vouloir des explications ? Pourtant je n'étais pas célibataire. Il y avait Marc. Et j'étais bien avec Marc, je dois le reconnaître. Mais il y avait aussi Lui. Comme un fantasme lointain. Je me disais que ça aurait pu être bien mais que cela n'arriverait jamais car je ne voulais pas être infidèle. Parce que je voulais respecter un certain code d'honneur dont les règles sont si stupidement stupides qu'elles n'ont de valeur qu'à travers mes yeux.

Ce n'était que des mots. Quelques sous-entendus au travers d'un écran.

Puis j'ai voulu l'occulter. Parce que de toutes façons, il ne répondait pas à mes avances comme je le souhaitais. Durant tout un été, je Lui ai très peu parlé. Il n'y a eu que cette soirée. J'étais un peu gênée. Je me disais que je devais l'ennuyer alors je parlais, parlais et parlais encore. Je brassais du vent pour ne pas que le silence s'installe. C'est niais, j'ai été contente quand il a passé son bras autour de moi pour prendre une photo. Un petit geste tout simple.

Puis j'ai oublié. Parce que je n'étais pas seule.

Les mois ont passés. La rentrée est arrivée. Je crois que c'est là que nous nous sommes vraiment rapprochés Lui et moi. A rester plus souvent ensembles. Il y a eu ce premier cinéma ensembles. J'étais heureuse de le découvrir d'une autre manière. D'apprendre quelque chose de nouveau sur lui, j'ai découvert qu'il aimait beaucoup commenter le film. A la base, je n'aime pas ça. Puis là j'ai ris. Depuis c'est une habitude entre nous. On essaye de se placer en marge des autres pour ne pas les gêner avec nos commentaires qui ne font rire que nous.

Je crois que plus d'une fois, il m'a écouté geindre. Quand tout a commencé à aller mal avec Marc. Je lui ai confié ma tristesse. Je me suis épanchée. Je lui ai dis que j'étais malheureuse qu'il m'ai quitté. Puis il y a eu notre premier baiser, toujours au cinéma devant le film "Mesrines". C'était un accord silencieux. Nous ne nous embrassions que pour nous dire au revoir lorsqu'il me raccompagnait à la gare. Je souriais intérieurement de le sentir si fébrile. Peut-être ai-je rêvé mais j'ai l'impression qu'il est maintenant beaucoup plus calme.

Et je suis partie. Dans le sud. Cela ne devait être que quatre jours puis c'est devenu une semaine. Cela ne devait être qu'une semaine d'éclate entre ce garçon et moi. Quand je suis revenue, j'étais boulversée. Je croyais avoir trouvé l'Amour, le vrai. J'en étais convaincue. Mais tout passe. Surtout ça et surtout avec moi. Encore une fois, j'ai voulu être fidèle et j'ai préféré l'éviter.
Encore une fois, ça n'a pas duré. Le cinéma encore. Ce séjour à Paris avec l'autre garçon qui se passa mal. Quand je suis rentrée, j'étais certaine que j'allais finir par m'abandonner.

Le 29 novembre. Il est venu dormir chez moi. Parce que nous devions sortir en boîte pour mon anniversaire. Lui, Elle, mon ex et moi. Nous avons bus. Il a eu la plus grosse envie de pisser de sa vie. Je me suis faite jetée d'un appart. Je me suis serrée tout contre lui pendant que nous roulions, morts de rire. Arrivés sur le parking de la boîte, Lui et moi ne voulions plus descendre. Fatigués. Nous nous sommes endormis l'un contre l'autre. Réveillés brusquement par mon ex qui voulait que nous lui ouvrions. Mes cris quand je l'entendais vomir, ça me paraissais si drôle.

Notre première nuit ensembles mais pas seuls. Lorsque je me glissais nue à ses côtés, la tête encore embrumée des vapeurs d'alcool. C'était le jour de mon anniversaire. Une grosse engueulade avec mon père. Puis les excuses de ce dernier. Les pleurs de mon ex et ses délires.

Une autre nuit ensembles collés l'un à l'autre dans l'air glacial d'une maison non chauffée depuis des jours. Il faisait froid mais j'étais heureuse. Je sentais sa peau douce sous mes doigts, mon corps contre le sien.

Les vacances de Noël et ma tristesse à l'idée de le quitter pour une semaine. Ne pas le voir pendant sept jours. Ne pas rire avec lui et plonger dans ses yeux. Tandis que je faisais l'amour avec un autre, c'est à Lui que je pensais. Je repoussais un autre pour être avec Lui, le soir de Noël, ses sms qui me réchauffèrent le coeur. Ce nouvel an ensembles, à boire et fumer. Nous ne sommes pas sortis et pourtant j'étais si bien, si contente d'être avec lui. C'est l'un de mes meilleurs réveillons de Nouvel An, c'est un souvenir doux comme du coton dans ma mémoire. Un de ces souvenirs dans lesquels on aime se lover parce qu'on s'y sent en sécurité. Parce que tout est si calme dans cette bulle.

Puis "l'officialisation". Pour moi, la première fois que je suis allée chez lui parce qu'il avait dit à ses parents que sa copine venait à la maison. Et ça, ça m'avait rendue fière. Qu'il me présente comme sa chérie attitrée. On a quand même un peu triché et on compte notre date de mise en couple à partir du premier janvier. Lorsque nos statuts Facebook ont changés, j'étais fière que notre classe puisse lire "en couple avec".

Aujourd'hui je me dis que peut-être je suis tombée amoureuse de lui plus tôt que je ne le pensais. Avec le recul, en analysant mes sentiments à l'époque. Peut-être. Mais qu'importe... Aujourd'hui il est là, avec moi, il est le père de notre peut-être futur enfant et quoi que nous fassions j'essayerai de tenir notre promesse. Et quoique nous fassions le plus important c'est que je tiens à Lui.

Je l'aime tout simplement.

19.03.2009

Ses limites n'existent pas.

soleil-1.jpgJe suis enceinte de 6 à 8 semaines. Ce qui signifie que l'avortement ne pourra se faire que par pompe. C'est la chose que je redoutais le plus. J'ai lu qu'un avortement médicamenteux était plus traumatisant mais sincèrement j'aurai préféré. Parce que même si ce n'est pas naturel, ce n'est pas un corps étranger qui vient carrément le chercher au fond de moi. Le résultat est le même et c'est horrible également mais à choisir, j'aurai préféré cela. Mille fois j'aurais préféré.

Le choix entre une anesthésie locale ou générale. Locale, je refuse de rester dans un hôpital 24h voir plus. Pas après ça. Je veux m'en aller le plus rapidement possible et ne plus subir ça. Je ne veux pas que les infirmières compatissent, je ne veux pas de paroles réconfortantes, de "ça va aller" parce que non ça n'ira pas. Je le sais déjà. J'imagine déjà la souffrance après que l'irréparable soit commit. Je sais les tourments que je vais endurer. Le martèlement jour et nuit. Les "Pourquoi as-tu fais ça ?", les cauchemars, les questions, les regrets, les remords. Avant de faire ce test, j'ai rêvé que j'attendais un bébé. Après avoir avorté, vais-je rêver chaque nuit de mon enfant mort ?

On me rabâche que ce ne sont que des cellules mais je reprendrais ses mots car ils sont justes : un arbre ne grandit pas si on ne lui laisse pas le temps de pousser, pourtant cela reste un arbre n'est-ce pas ?

Que dire de plus ? Je suis glacée. Littéralement glacée. La nourriture me répugne. Je n'accepte pas de corps étrangers dans mon corps. Plus jamais. Je ne veux plus manger. Ni maintenant ni après cette horrible opération.

Je suis déjà folle comme cela ne m'était plus arrivée depuis longtemps. Je hais tout le monde. Je hais mon entourage qui ne m'apporte aucun soutien, aucune réponse à mes questions, aucun début de raisonnement. Rien. Personne pour remarquer ce désarroi. Je me hais moi de me plaindre sans arrêt. Je suis si agressive. Je sens du mal partout et la moindre parole me fais exploser. Je suis désespérée. Désespérée comme je ne l'avais plus été depuis longtemps. Depuis ma tentative de suicide j'ai l'impression ou j'étais persuadée que le soleil ne brillerait jamais plus.

A t-il brillé depuis ?

 

Tisse la Toile.

IMG_102253.jpgJe crois que ma décision est prise. Elle ne me ravit pas spécialement. Je commence mon deuil certainement. J'ai un grand vide en moi. Je suis vidée de mon énergie physique et mentale. Je ne pense plus. Je n'essaie plus de voir l'avenir. A quoi bon. J'avais déjà choisi des prénoms.

Puis un ras le bol général. Marre qu'on me dise ce que je dois faire ou non autour de moi. Les seuls endroits où l'on ne me juge pas mais où l'on se contente de me donner des conseils c'est ici, sur le net. De la part de personnes que je n'ai jamais vues et que je ne verrai probablement jamais. Et ça me fais n bien fou malgré tout de voir tout cela car en dehors, je me sens terriblement seule. Parce que je n'ai pas l'habitude d'être sensible alors si je disais franchement que j'aurai voulu garder cet enfant, j'ai l'impression de sortir de mon rôle. C'est idiot j'en ai conscience. Je joue mon rôle, je ne me montre pas moi et ce que je veux vraiment parce que je suis conditionnée comme ça tout simplement.

Je suis lasse d'être à la seule à m'en soucier. Lasse de me reposer là-dessus, me dire que ça changerai ma vie. Une vie sur les épaules d'une si petite chose ? Je voyais les choses autrement. Peut-être de manière trop utopique. Je n'ai pas envie que ce bébé soit la chose sur laquelle je m'appuie pour rester en vie. Je n'en ai plus envie de toutes façons. Que vais-je lui offrir ? Une interminable souffrance dans ce bas monde ? Comme moi qui supporte ça depuis maintenant des années ? Serais-ce un cadeau ?

Et pourtant je m'en veux déjà terriblement de ma décision. J'ai l'impression de le trahir. Comme si je lui avais promis que je serais là pour lui et que ce n'est pas le cas. Comme si je l'abandonnais. C'est exactement ce que je ressens et c'est ce sentiment qui me rend si triste. Je faillis à ma mission. Je ne respecte pas les codes d'un Prince voilà tout. J'abandonne un être faible et sans défense parce que je suis incapable d'assumer. Parce que je ne suis pas assez forte pour deux. Parce que je suis égoïste. Pour des tas de raisons qui font que je m'en voudrais probablement très longtemps.

Et sic'était le coup de grâce finalement ? Sa perte causera ma perte ? Pourrais-je enfin laisser cette douce langueur m'envahir en me disant que cette fois je n'ai plus rien à espérer ? Si ce petit espoir n'a pas su se frayer un chemin dans un ma souffrance alors je crois que la porte de sortie est définitivement close pour moi.

16.03.2009

Le papillon vole de ses propres ailes.

caneton-269110.jpgJe suis perdue. J'ai plein de pensées contradictoires en tête. Je suis si heureuse à chaque fois d'imaginer comme serait la vie avec ce bébé et puis je prends peur. Je me dis que je tiens à ma liberté, qu'un enfant ce n'est pas moi, que je vais devenir une grosse vache pleine de vergetures parce que forcément sur moi, ce sera moche, que le père pourrait me quitter car après tout, je pense qu'il faut faire ses expériences personnelles avant de faire sa vie avec quelqu'un.

Et pourtant quand on me parle de l'avortement, je me hérisse. Ca me fout hors de moi que l'on ose en parler comme si c'était inévitable. Tout à l'heure, mon beau-père m'a dit qu'il prendrait rendez-vous directement à la clinique. Non. Je tiens à voir mon médecin et à en parler avec lui avant. C'est mon gosse merde. Il me disait toujours "si t'es enceinte tu avortes ou je te bourre la gueule". Peut-être que c'était dit en rigolant mais ça m'a toujours exaspérée. Je suis la seule maitresse de mon corps que je sache et de ce que j'ai envie d'y garder ou non. Me pousser dans un sens me fait aller de l'autre.

Je suis tiraillée. Je ne veux pas qu'on me l'enlève. Ca me rend malheureuse de penser à ça. En voyant mon statut Facebook il y a quelques heures, ma mère dit "bah garde-le si tu ne veux pas t'en séparer". C'est si simple vu comme ça. Elle est passée par là mais je suis tellement instable. Si imprévisible. Je me hais d'être comme ça. Comment font toutes ces filles qui savent dèsle début ? Qui savent qu'elles garderont leur enfant envers et contre tout ?

Du coup, j'ai envoyé un mail à mon père pour lui annoncer et avoir son avis. Savoir si je le gardais si en attendant de trouver un appartement, j'irai habiter chez lui jusqu'à mon bac, etc. Ils ont une chambre de libre, sa copine n'aura qu'a dégager ses affaires, nous avons grenier tout propre pour ça, un enfant, mon enfant c'est bien plus important qu'elle. Puis de toutes façons si c'était un refus je partirai. Où je ne sais pas mais cela ne me fait pas peur.

Je n'ai pas peur d'affronter l'inconnu mais donner la vie me fous une trouille monstre.

15.03.2009

La Vie c’est pas magique, la Vie c’est si court...

C'est arrivé bêtement. Mes TCA m'empêche d'avoir un cycle de règles régulier. Certains mois je les aient. D'autres fois, elles n'arrivent tout simplement pas. Par précaution, j'ai toujours veillé à faire des tests de grossesse pour éviter les mauvaises surprises. Moi qui ne veux pas d'enfants, ce serait bête de se retrouver avec un dont l'on ne veut pas.

Seulement le Destin nous joue des tours parfois.

Ce mois-ci, je n'avais pas mes règles. Phénomène normal selon moi. Pourtant, je ne sais pas, quelque chose me gênais et je me suis inquiétée bien plus que de coutume. Peut-être une intuition ? J'avais souvent des douleurs dans le bas-ventre. Cela me prenait d'un coup, une douleur aigüe puis cela disparaissait. J'ai d'abord pensé que mes règles allaient enfin arriver. Puis non, les jours passaient et rien. Alors je me suis dis que peut-être mes vomissements répétés modifiaient la chose.

C'est idiot parce que j'ai l'impression de rassembler tous les clichés alors que je n'y croyais pas moi-même. Il m'arrivait d'être nauséeuse. J'avais soudain très envie d'un aliment en particulier et j'en avais même plaisanté avec Lui. Puis j'ai trouvé que mes seins avaient grossis. J'ai questionné ma mère qui n'a pas pu me rassurer, elle aussi avait des douleurs dans le bas ventre lors de son premier mois de grossesse lorsqu'elle était enceinte de moi. Elle m'a appris que la poitrine gonflait dès le premier mois.

Alors il m'a fallu ce test, au cas où. Simple précaution. Plusieurs fois, mes parents ont oubliés de m'en ramener un en revenant des courses. Puis un soir, mon beau-père me le tend. J'ai attendu deux jours avant de le faire parce que ce n'était que de la routine, j'en fais chaque fois que je perds mes règles pour découvrir que non, je ne suis pas enceinte. J'avais même finie par me persuader que j'étais stérile.

Pourtant ce matin-là, je me suis réveillée avec la tête embrumée. J'avais rêvé que j'étais enceinte. En posant le pied à terre, je me rappelais donc que je devais faire le test. 5h00 du matin, la maison dort. Je me dirige sans un bruit vers les toilettes. Je survole la notice. Quelques minutes plus tard, la fameuse tige devenue rose, j'attends que le résultat s'affiche dans la fenêtre. Une croix apparaît. Une croix qui signifie que oui, je suis enceinte. Incrédule, je relis la notice. J'attends que la barre de contrôle s'affiche elle aussi. Quelques secondes encore et c'est le cas. Mon test a fonctionné. Je n'y crois toujours pas pourtant, je lis et lis encore la notice. Non, je ne me trompe pas. Je ne suis plus seule désormais.

Mon premier sms est pour Elle. Je sais qu'Elle ne me jugera pas. Je sais qu'Elle me soutiendra. En ce qui concerne le père, je préfère le lui dire en face. Je ne veux pas l'embêter avec ça de si bon matin.
Ma première pensée fut qu'un avortement, ça ne devait pas être agréable. Pourtant il était absolument inimaginable pour moi que je puisse garder cet enfant. Je n'ai pas de situation, mon copain non plus. Pas de rentrées d'argent, pas de logement, nous ne sommes ensembles que depuis deux mois et surtout, il n'a que 17 ans. Bien trop jeune pour assumer une autre vie que la sienne.

Au fil de la journée pourtant, j'ai pensé, pensé et encore pensé. Je me suis mise à réaliser que j'avais quelque chose en moi. Je me suis découverte plus sensible que je ne le pensais, Puis je l'ai annoncé à mon copain. Difficilement. Je lui ai juste montré le message qu'Elle avait reçue le matin même car je ne me résolvais pas à le lui dire de vive voix. Je ne voulais pas être dramatique, ou émue, ou quoi que ce soit d'autres qui me fassent gerber. Il n'a rien dit. Il m'a demandé ce que nous allions faire et j'ai répondu que je ne savais pas. Vraiment pas.

Notre journée de cours a continué et nous avons commencé à plaisanter sur le sujet. Je lui disais qu'étant enceinte, il devait être gentille avec moi et qu'en tant que geekette je n'avais pas envie de fraises mais de jeux vidéos. Puis nous avons continué en riant sur l'éducation à lui donner. Ce qu'il ferait ou non.

Et c'est fou mais en une journée j'en suis venue à changer radicalement d'avis. Parce que j'étais heureuse d'envisager cela.Heureuse de me dire que peut-être j'allais trouver un sens à ma vie. Des tonnes de solutions ont tournées dans ma tête. D'abord retourner chez mon père car il y a des chambres de libre puis me mettre à la recherche d'un appartement avec les aides proposées. Par la suite, et jusqu'à ce que j'ai mon bac, trouver un boulot. Une autre vie. Une motivation dans ma misérable existence. Ou de l'égoïsme et de l'immaturité. Qui sait.

Puis je lui ai franchement demandé son avis et même je lui ai dis que si je décidais de le garder, il n'aurait pas à assumer pour mon choix parce qu'a son âge, on ne fait pas un bébé comme ça. Il m'a dit qu'il préférait ne pas le garder car nous n'avions pas de situations ni l'un ni l'autre mais que si je décidais malgré tout de le faire, il assumerait.

Je suis rentrée chez moi, j'avais prévenue ma mère par sms. Sa réaction m'a surprise. Elle m'a eue à 19 ans, je pensais que peut-être elle regrettait de m'avoir faite si jeune et qu'elle me ferait la leçon. Je n'ai pas eu besoin de lui avouer, elle a comprit tout de suite. Moi qui n'aime pas les enfants, enceinte je voulais garder le mien. C'est tellement peu moi que je ne pouvais pas le dire comme ça. J'ai plaisanté. J'ai dis qu'il naitrait certainement au mois de novembre et qu'il aurait aussi un gros nez comme son père.
Et j'ai parlé avec ma mère. J'ai été touchée par ses mots :

"Tu es assez grande pour décider de ce que tu veux faire mais je me dis qu'avoir un enfant maintenant pour toi, ce n'est peut-être pas une bonne idée. Ça ne va pas dans ta tête, tu te détestes en temps normal alors je pense que vraiment en étant enceinte tu serais malheureuse. Je sais ce que c'est quand le corps change avec une grossesse et j'ai vraiment peur que tu sois malheureuse si tu le gardes."

Elle m'a dit que foncièrement, cela ne l'aurait pas dérangé que je le garde cet enfant "un de plus ou un de moins, ce n'est pas grave". Et jamais je n'aurais pensé qu'elle réagirait comme ça. Qu'elle serait prête à accueillir l'enfant de sa fille comme ça.

Mais je me suis rendue à ses arguments. Je me hais. Et si au cours de ma grossesse en voyant mon corps changer je me mettais à haïr aussi cet enfant ? Il serait trop tard... Et je ne voudrais pas faire un malheureux de plus sur cette planète.
Pourtant j'ai le cœur lourd. Mardi je vais devoir aller chez le médecin pour qu'il confirme ma grossesse et pour prendre rendez-vous afin de me faire avorter.

Je ne sais pas quoi faire. Mon cœur n'en a tellement pas envie mais ma raison me dicte que c'est la meilleure solution...

10.03.2009

Chimitonus

A mon tour de vous montrer ma petite Monstroplante : Chimitonus.

 

 

08.03.2009

C'est plus flagrant le jour.

bsgw6gis.jpgD'abord cet accident. Un pompier. La nouvelle fait le tour de la ville. Les sirènes hurlent, les camions foncent. Et moi je suis là. Au milieu de l'agitation. C'est au ralenti que j'observe les pneus brûlants l'asphalte. Le bleu des gyrophares tournoyant dans la nuit tombante. Et je sais ce qu'il s'est passé mais je n'en connais pas la cause.
Comme une pensée qui parcourerait les airs. Qui se communique en chacun de nous. Inutile de parler, tous nous savons que quelque chose de grave est arrivé.

Le ballet des camions cesse. La nuit est presque faite dorénavant. Une belle nuit d'été. Il fait si bon et je ris. Je suis cette petite boule de poils blanche. Elle court. Et toujours je ris. Je te prends dans mes bras, je te serre contre mon coeur, petite chose fragile. Tu aboies contre la moindre brindille mouvante. Tu renifles ça et là, tu es heureux de gambader à mes côtés et ça aussi je le sais. Je suis evanescente.Ma peau pâle brille à la lumière de la lune. Lorsque tu frottes ton museau contre mon visage, mes cheveux se mêle à ta fourrure douce. Nous sommes comme un.

Puis les lumières, de nouveau des gyrophares. Ce ne sont pas les mêmes. Les gens sortent de chez eux, encadrés par des hommes en combinaison. Tous monte l'un après l'autre dans de grandes fourgonnettes. Un hélicoptère passe dans un bruit assourdissant. Partout où mes yeux se posent, je suis aveuglée. Des hommes m'entourent. Ils t'arrachent à moi. Je suis poussée moi aussi dans ces horribles cages ambulantes.

Tout ralentit. On me pose des questions. Comment est-ce que je mange ? Je ne mange pas. Je ne veux pas aller avec eux. Je ne suis pas comme eux. Je veux que l'on me laisse avec ma boule blanche. Rendez-la moi.

"- Mangez-vous comme le chien ?
- Non, je ne mange pas de viande, je ne suis pas comme vous.
- Alors vous devez aller ailleurs.
"

Je suis enfermée.

Je me réveille. La pièce est jaune et un visage se penche sur moi. Aux murs, aucune fenêtre. De simples lits en ferraille. Je me lève, tenaillée par la douleur. J'ai mal au ventre. On me désigne une cabine. Je suis nue et elle ne cache rien de mon anatomie.
De l'eau coule le long de mon corps et au dehors une femme noire m'observe. Elle me parle. Son ton se veut rassurant mais je ne comprends pas. Je suis en colère. Je ne veux pas être ici. C'est un bunker.

Je viens de perdre ma liberté. A tout jamais.

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