19.03.2009
Ses limites n'existent pas.
Je suis enceinte de 6 à 8 semaines. Ce qui signifie que l'avortement ne pourra se faire que par pompe. C'est la chose que je redoutais le plus. J'ai lu qu'un avortement médicamenteux était plus traumatisant mais sincèrement j'aurai préféré. Parce que même si ce n'est pas naturel, ce n'est pas un corps étranger qui vient carrément le chercher au fond de moi. Le résultat est le même et c'est horrible également mais à choisir, j'aurai préféré cela. Mille fois j'aurais préféré.
Le choix entre une anesthésie locale ou générale. Locale, je refuse de rester dans un hôpital 24h voir plus. Pas après ça. Je veux m'en aller le plus rapidement possible et ne plus subir ça. Je ne veux pas que les infirmières compatissent, je ne veux pas de paroles réconfortantes, de "ça va aller" parce que non ça n'ira pas. Je le sais déjà. J'imagine déjà la souffrance après que l'irréparable soit commit. Je sais les tourments que je vais endurer. Le martèlement jour et nuit. Les "Pourquoi as-tu fais ça ?", les cauchemars, les questions, les regrets, les remords. Avant de faire ce test, j'ai rêvé que j'attendais un bébé. Après avoir avorté, vais-je rêver chaque nuit de mon enfant mort ?
On me rabâche que ce ne sont que des cellules mais je reprendrais ses mots car ils sont justes : un arbre ne grandit pas si on ne lui laisse pas le temps de pousser, pourtant cela reste un arbre n'est-ce pas ?
Que dire de plus ? Je suis glacée. Littéralement glacée. La nourriture me répugne. Je n'accepte pas de corps étrangers dans mon corps. Plus jamais. Je ne veux plus manger. Ni maintenant ni après cette horrible opération.
Je suis déjà folle comme cela ne m'était plus arrivée depuis longtemps. Je hais tout le monde. Je hais mon entourage qui ne m'apporte aucun soutien, aucune réponse à mes questions, aucun début de raisonnement. Rien. Personne pour remarquer ce désarroi. Je me hais moi de me plaindre sans arrêt. Je suis si agressive. Je sens du mal partout et la moindre parole me fais exploser. Je suis désespérée. Désespérée comme je ne l'avais plus été depuis longtemps. Depuis ma tentative de suicide j'ai l'impression ou j'étais persuadée que le soleil ne brillerait jamais plus.
A t-il brillé depuis ?
22:53 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
http://www.sos-ivg.com/
Peut-être faut-il envisager de le garder, après tout ????
Ecrit par : Wr | 20.03.2009
Je me repete mais quoi que tu fasse pour moi ça ne changera rien, je t'aimerais tjs aussi fort peut importe tes choix, je serais tjs là pour toi si tu en as besoin, je tiens à toi très très fort
Ecrit par : Chaton | 20.03.2009
... Es-tu certaine de ta décision? Si c'est pas trop indiscret, pourquoi te forcer à en arriver là? (j'ai vraiment l'impression que tu ne veux pas en plus... le choix n'appartient qu'à toi pourtant... si tu veux réponds moi sur ma boite Mad).
Je suis très très inquiète pour toi... J'ai pas envie de passer pour une espèce d'illuminée, seulement voilà... il y a des rêves que je fais avec des symboles récurrents, dont la foudre, que je ne comprends pas encore. C'est parfois très violent, brusque, avec un tel fracas que je me réveille comme une dingue sans savoir faire la différence entre rêve et réalité. Cette nuit ça a recommencé, je me suis presque réveillée à la limite de la crise cardiaque, et dans mon rêve, en même temps que cette immense foudre qui tombait, c'est ton prénom (pas pseudo, mais prénom) que j'ai entendu. J'ai pas très bien dormi ensuite et j'y pensais beaucoup.
Je pense beaucoup à toi, bisous
Ecrit par : Kyuuketsu | 20.03.2009
Ecrire un commentaire