08.03.2009
C'est plus flagrant le jour.
D'abord cet accident. Un pompier. La nouvelle fait le tour de la ville. Les sirènes hurlent, les camions foncent. Et moi je suis là. Au milieu de l'agitation. C'est au ralenti que j'observe les pneus brûlants l'asphalte. Le bleu des gyrophares tournoyant dans la nuit tombante. Et je sais ce qu'il s'est passé mais je n'en connais pas la cause.
Comme une pensée qui parcourerait les airs. Qui se communique en chacun de nous. Inutile de parler, tous nous savons que quelque chose de grave est arrivé.
Le ballet des camions cesse. La nuit est presque faite dorénavant. Une belle nuit d'été. Il fait si bon et je ris. Je suis cette petite boule de poils blanche. Elle court. Et toujours je ris. Je te prends dans mes bras, je te serre contre mon coeur, petite chose fragile. Tu aboies contre la moindre brindille mouvante. Tu renifles ça et là, tu es heureux de gambader à mes côtés et ça aussi je le sais. Je suis evanescente.Ma peau pâle brille à la lumière de la lune. Lorsque tu frottes ton museau contre mon visage, mes cheveux se mêle à ta fourrure douce. Nous sommes comme un.
Puis les lumières, de nouveau des gyrophares. Ce ne sont pas les mêmes. Les gens sortent de chez eux, encadrés par des hommes en combinaison. Tous monte l'un après l'autre dans de grandes fourgonnettes. Un hélicoptère passe dans un bruit assourdissant. Partout où mes yeux se posent, je suis aveuglée. Des hommes m'entourent. Ils t'arrachent à moi. Je suis poussée moi aussi dans ces horribles cages ambulantes.
Tout ralentit. On me pose des questions. Comment est-ce que je mange ? Je ne mange pas. Je ne veux pas aller avec eux. Je ne suis pas comme eux. Je veux que l'on me laisse avec ma boule blanche. Rendez-la moi.
"- Mangez-vous comme le chien ?
- Non, je ne mange pas de viande, je ne suis pas comme vous.
- Alors vous devez aller ailleurs."
Je suis enfermée.
Je me réveille. La pièce est jaune et un visage se penche sur moi. Aux murs, aucune fenêtre. De simples lits en ferraille. Je me lève, tenaillée par la douleur. J'ai mal au ventre. On me désigne une cabine. Je suis nue et elle ne cache rien de mon anatomie.
De l'eau coule le long de mon corps et au dehors une femme noire m'observe. Elle me parle. Son ton se veut rassurant mais je ne comprends pas. Je suis en colère. Je ne veux pas être ici. C'est un bunker.
Je viens de perdre ma liberté. A tout jamais.
22:15 Publié dans Au travers de l'inconscient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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