26.11.2008

Ruis

corbeau.jpgUn rien me fait rire, les questions sérieuses ne m'intérressent pas. Je veux juste rire et c'est ce que je fais, même lorsqu'il n'y a pas matière a. Les choses sont légères et passent loin au dessus de ma tête.

Peut-être est-ce du au fait que je ne peux plus vomir. Plus du tout. Mon corps ne m'obéit plus. Ce sont des soubresauts, je pousse de toutes mes forces et rien ne sort d'autre qu'une espèce de liquide visqueux. Ma gorge est en feu à chaque fois alors je n'ai plus le choix, je ne peux plus manger. J'ai une peur monstre de manger des choses qui pourraient me faire grossir. Dans ma période boulimque, ça me passait au dessus de la tête très franchement, j'avais l'impression que c'était quelqu'un d'autre qui mangeait et que moi je ne pourrais pas grossir.

Et je vais bien comme ça. La seule chose qui me rend malheureuse, ce sont les crises, les vomissements que cela entraîne et par la suite, la fatigue morale et physique. Ana ne me fait plus peur depuis longtemps. Ce sera mon échappatoire même si je le reconnais, on a vu mieux pour partir. Ce sera certainement un peu pathétique et mourir en faisant pitié, ce n'est pas tellement ce que j'espère à vrai dire. Je voudrais mourir avec classe.

Hier soir, assise dans mon lit. J'étais au téléphone avec Mathieu, je me roulais un joint. Puis vu que j'avais du mal avec le téléphone collé à l'oreille, j'ai fais tomber ma cigarette et j'ai un peu râlé. Mathieu me demande ce que j'avais et je lui expliquais que j'avais fait tomber mon joint et que donc je devais recommencer. Il m'a dit en riant "hé ouais moi je sais rouler, toi t'as du mal". Ce a quoi je répliquais "ouais c'est bon, je suis pas toxico moi" et là il m'a répondu "euh Juri, tu fumes tous les jours quand même".

Et c'est vrai. Je fume presque tous les jours maintenant. Pas la cigarette, ce genre de choses ne m'intéresse pas, cela ne m'apporte rien mais le reste oui. Et je sais que je pourrais prendre des tas d'autres trucs si j'en avais l'occasion.

Je deviens tout ce que je n'avais jamais imaginé être et le pire c'est que je ne fais absolument rien pour contrecarrer tout ça.

24.11.2008

Vide

Le médecin dit que ça va très mal pour moi en ce moment. Moi je n'en ai pas l'impression. C'est pourtant vrai qu'a chaque fois que j'ai semblé être au plus mal, hé bien moi je n'en ressentais aucuns signes. Je ne pleure pas, je ne suis pas triste, non. Je m'en fiche juste de tout et je laisse tout tomber mais à côté de ça, je ris sans arrêt, je sors des blagues, etc. Il semblerait que ce soit ça la dépression en fait.

Et je n'ai pas passé un très bon week-end. Parce que tout est retombé. Je n'ai pas envie d'être en couple, pas envie d'être avec lui, rien, nada. Je ne veux rien, c'est comme ça. J'ai été assez "neutre". J'étais normale je pense, normale pour une amie mais peut-être pas pour une petite copine, je ne sais pas et à la limite, c'est malheureux à dire mais je m'en fiche totalement.0wei26s7.jpg

Moi j'ai envie de tout arrêter. Parce que ce week-end dans ses bras, je n'ai pas vibré et parce que toutes mes mauvaises pulsions me sont revenues d'un coup et je n'avais absolument pas l'envie de me brider. Il me dit que c'est parce que je vais mal en ce moment et que mes sentiments sont donc anesthésiés mais qu'il ne me quittera pas à la première difficulté et donc pas maintenant.

Je ne sais pas. Je n'ai pas vraiment envie de lui faire de la peine mais je cherche le conflit à chaque fois. Je suis un peu perdue je crois en ce moment, comme bien souvent de toutes façons.

16.11.2008

Marmelade d'orange.

marmelade.jpgJ'ai vomi presque chaque soir de cette semaine. Je suis épuisée et j'ai de plus en plus souvent l'impression que ma tête tourne et que je suis si lasse. Je suis repassée sous la barre des 50 et il serait faux de dire que je ne m'en réjouis pas. J'espère le 48 prochainement.


Tout va toujours aussi bien avec Mathieu. Forcément, tout va toujours bien les premiers mois. Je m'en veux un peu de penser comme ça alors que lui est vraiment convaincu que nous deux ça ira et qu'il n'y aura pas de foirage. C'est vrai que si aucun de nous deux ne change, normalement ça devrait aller. Si aucun de nous deux ne foire, alors oui ça devrait aller.

Saurais-je être fidèle ? Ce serait tellement bête de tout gâcher pour un peu d'affection. Juste parce qu'il est loin. Il m'assure qu'il n'a même pas l'envie de me tromper contrairement aux autres mais qui suis-je pour changer un homme ? Qui est-il pour me changer ?

En ce moment, je suis un peu sur la corde raide. Un garçon de ma classe m'a clairement avoué ses sentiments et je me dis que c'est bien fait pour moi. J'ai joué avec le feu mais avant de partir voir Mathieu, j'avais clairement en tête de donner ce qu'il voulait à ce garçon. Peut-être pas pour une relation longue car je ne suis plus sûre désormais qu'un "petit jeune" puisse m'apporter ce que je recherche mais quelque chose de léger, sans prises de têtes. Sans "plus tard nous ferons ceci ou cela". Sauf que mes projets ont été perturbés. Sauf que je continue de voir Jason quand il veut passer du temps avec moi. Sauf que je ne sais pas comment l'éloigner sans pour autant qu'il me laisse seule. C'est de ça que j'ai peur je crois. J'ai peur qu'il ne fasse plus attention à moi s'il se rend vraiment compte que lui et moi c'est mort.

J'attends le week-end prochain avec impatience. Paris, lui, la Tokyodecadance, eux, tous ces personnages virtuels qui comptent pourtant tellement pour moi. Les rencontrer en vrai. J'ai hâte. Quand on y pense, Internet est vraiment incroyable. Je partage désormais la vie de personnes qui n'auraient même pas soupçonnées mon existence sans ce moyen de communication.

Je suis amère et douce à la fois en ce moment.

09.11.2008

Et si ?

 

8novembre200828retouchevp7.jpgPiercing fait. Une nouvelle étape, une nouvelle page de tournée. J'adore cette sensation de muer, de changer de peau et de laisser quelque chose derrière soi. Du bien ou du mal peu m'importe, le fait est que j'évolue, je mute, c'est le principal. Ça paraît idiot mais ce sont des symboles pour moi. En revoyant les photos je peux dire "J'ai coupé mes cheveux pour la première fois après ça", "je me suis faite piercer après ça". Autant de petites marques indélébiles dans mon esprit.

Je n'ai jamais eue autant l'impression d'un cheminement spirituel. C'est au plus profond de moi et j'en viens à me dire que peut-être moi aussi je commence à ressentir la foi comme je l'ai toujours admirée chez les autres. Ce n'est peut-être pas exactement la même chose qu'une croyance en un Dieu parce que malgré tout, mon envie de partir est toujours là et s'en est presque flippant car j'ai envie de partir pour rejoindre cet état de dissolution du corps qui m'obsède. Comme si en me séparant de mon corps, j'allais m'élever à une sphère plus profonde, encore inconnue des mortels. Des frissons parcourt mon corps chaque fois que j'y pense et que je me dis que c'est peut-être possible.

Il s'est forcément passé quelque chose. On ne ressent pas ça comme ça du jour au lendemain. Je me dis que j'ai été touchée par quelque chose durant cette nuit. J'ai été pénétrée par quelque chose qui dépasse mon entendement mais quoi ? Est-ce que je saurais être patiente et résister à l'envie d'aller le chercher de moi-même ?

J'essaye de garder les pieds sur terre, d'écrire autre chose que ce que j'ai au fond de moi, des choses banales comme le fait que j'aille à la Tokyodecadance le 22 novembre à Paris.

Avec Mathieu, je ne sais pas si le fait que nous nous ressemblions tant est une bonne chose. D'un point de vue rationnel et extérieur à la chose, j'essaye d'adopter ce point de vue car moi de l'intérieur j'y suis tellement bien. Ne nous entrainerons-nous pas mutuellement vers le fond ? Toujours plus loin ? Il faudra forcément que l'un des deux soit fort pour l'autre et ne se laisse pas aller à de vieux démons. Que ce soit drogues ou expériences dangereuses. Je sens qu'il y a un potentiel qui ne demande qu'a émerger. Il suffit parfois de tomber sur les "bonnes" personnes et alors tout cela se révèle. Sauf que là c'est quelque chose de négatif qui pourrait se révéler. Pas quelque chose qui pourrait me faire du mal à moi ni à lui, mais quelque chose qui pourrait faire du mal aux autres. Nous, je le sens c'est une bulle envers les autres.

Aurais-je envie d'être raisonnable et d'arrêter de pousser si loin ?

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