20.08.2008
Comme quoi tout arrive
C'est la deuxième fois en 21 ans qu'une telle chose se produit : un gosse vient vers moi.
C'est un évènement tellement extraordinaire pour moi que lorsque cela arrive, hé bien j'y pense plusieurs jours d'affilée et cette fois-ci, je le blogue même carrément. Pour comprendre, je pense qu'il faut avant tout que je revienne sur ma personne. Les enfants et moi, ça fait dix. Je ne les aime pas et cela m'a tout l'air d'être réciproque. Oh bien sûr, il m'arrive quelquefois d'avoir des coups de coeur, je trouve tel ou tel gosse mignon ou drôle. En général c'est parce qu'il est futé ou vicieux, les deux choses vont ensembles et que ça m'amuse particulièrement. En dehors de ça, je crois que les enfants ne me touchent absolument pas. Je ne m'extasie pas devant un bébé, je n'ai aucune envie de prendre un moutard dans mes bras, si l'un d'entre eux pleurent, ô grand jamais je ne viendrais voir ce qu'il passe et encore moins souffler sur son bobo (bon j'irais voir s'il hurle à la mort quand même hein) et les métiers comme puéricultrice et tout le tintouin m'ont toujours semblé l'horrer absolu, une torture permanente.
Non les enfants et moi décidémment, ça ne passe pas. J'ajoute que parfois, j'essaye de faire un effort. Parfois, devant un bébé aux grands yeux et à la jolie bouille, je m'attendris. Oui la petite chose est mignonne. Je crois que les grands yeux y sont pour quelque chose. La petite chose est drôle quand elle babille, j'ai envie de toucher la petite chose. Seulement là horreur, la petite chose doit sentir que ce n'est pas naturel chez moi : elle fuit. Et plutôt deux fois qu'une, on recule, puis on va se cacher dans les jupons d'une personne plus accueillante. Là, la réaction est immédiate "je n'aime pas les gosses de toutes façons". Alors je l'avoue, je suis en général blessée. Surtout, je me sens ridicule. Moi qui n'ai aucun gestes maternels, je suis déboussolée devant un simple bébé. Je ne sais pas quoi dire pour les faire rire, comment les approcher, comment leur proposer un gâteau avec une voix que je veux naturelle. Voilà ça me destabilise les petits.
Il y a quelques jours, je me suis rendue chez ma mère. Un petit passage vite fait, une halte pour se désaltérer car nous faisions du vélo Marc et moi. Il se trouve qu'en ce moment, le frère de mon beau-père a ses enfants chez lui. Deux bambins de 6 et 2 ans. Un petit garçon et une petite fille. J'ai toujours trouvé Messad (c'est son prénom) jolie. Je l'ai vue vraiment bébé et elle a toujours ressemblé à une petite poupée à la peau délicatement hâlée, aux grands yeux noirs et aux jolies boucles brunes. Toujours en présence de sa mère ou son père, jamais je n'ai fais un pas vers elle, me contentant d'admirer de loin cette petite créature.
Et justement ce jour-là, ils étaient chez nous. Ce sont les cousins de mes petites soeurs (en réalité mes demi-soeurs mais je ne fais jamais la distinction quand je parle d'elles). Et là, ce joli bébé assis par terre, jouant gaiement avec sa maison de poupée. D'emblée, Marc lui a parlé, comme un adulte parle à un enfant. Moi non, mal à l'aise, je savais bien que j'aurais surjoué de toutes façons. Alors j'ai continué de l'observer et de sourire discrètement en voyant à quel point elle était éveillée pour son âge.
Hier, je suis allée chez ma mère. De nouveau, les deux enfants étaient là dont la petite Messad qui comme chaque enfant m'approchant me regardait de ses grands yeux noirs avec une pointe d'interrogation. "Est-ce que la madame blonde est méchante ?". En théorie oui, j'ai le visage froid et peut-être que cela joue dans mes relations avec les enfants mais il se trouve que cette fois-ci, j'ai d'abord eu envie de rire un peu. Peut-être par dépit, je lui ai lancé un "méchant le chat !" en pointant mon doigt vers elle pensant qu'elle allait sursauter, partir en courant, que sais-je encore, ils sont étranges ces bestiaux.
Hé bien il se trouve que non. Elle a rit et immédiatement s'est mise à babiller, à me parler. Un bébé est venu vers moi bon sang et moi qui suis une vraie Cruella, je me suis trouvée attendrie devant ce petit être me demandant si je pouvais la prendre sur mes genoux. C'est tellement idiot d'être émue par ce genre de choses, je me mettrais des claques si je pouvais et réellement. J'ai honte de dire que je me suis surprise à jouer avec elle, à la câliner, à lui donner à manger, à l'essuyer parce qu'elle aime manger les petits bouts de jambon sur la pizza avec ses doigts. J'ai honte d'éprouver un sentiment que j'ai toujours détesté chez les autres.
Alors c'est ici que je me confie car les gens qui me connaissent seraient surpris de savoir à quel point j'ai été touchée par l'attitude d'une gosse de 2 ans. Un bébé a réussi à me faire me poser des questions sur ce que je ne comprenais pas et que par conséquent je fuyais et n'acceptais pas.
Et si c'était ça les petits bonheurs de la vie ?
16:51 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Je crois que la petite magie de la vie, c'est qu'une petite fille a trouvé la porte de ton coeur, et que toi, tu as ouvert cette dernière...
Je crois que je comprends un peu ton sentiment... Moi non plus je ne suis pas "fan" des gamins, autant le dire, ils me terrorisent. Je ne m'en suis jamais vraiment occupée, j'ai peur de les faire pleurer, de paraître méchante, alors je reste lointaine... Et pourtant certains viennent vers moi (comme quand je travaillais dans une bibli de quartier: j'étais encerclée, piégée par une horde de petits... qui quelques instants après disaient tout le temps "coooomme t'es trrrrrop beeeeelle), mais moi je n'ose pas aller vers eux... je connais pas les mots, les gestes... mais... mais... les deux petites nièces de mon homme (que je considère comme les miennes), elles ont réussi à rentrer dans mon coeur... j'ai eu peur au début, et ce sont elles qui sont peu à peu venues à moi, et maintenant j'aime les caliner, les chatouiller, répondre à leurs questions, etc...
Il faut que tu aies confiance en toi, tout simplement... même si ça ne change pas forcément le comportement d'un coup, mais ça y fait... je crois qu'à l'origine, on dit ne pas les aimer parce qu'on n'aime peut-être pas cette part de nous qui hésite, qui ne sait pas, qui a peur...
Mais oui, tu as raison, les petits bonheurs de la vie c'est ça... :)
Et n'aie pas honte de ce que tu éprouves, il n'y a aucune raison à ça, bien au contraire ^^
Ecrit par : Kyuu | 20.08.2008
C'est pour ça que tu n'a pas arrêté de me parler d'elle !!
C'est peut-être con ce que je vais dire, mais de toute façon tu es habituée : ça me fait vraiment plaisir de voir que tu a été attendri comme ça. Tu voit que tu n'est pas Cruella.
En tout cas, heureusement qu'elle a bien prit ton "méchant le chat !" ^^
Ecrit par : Bambi | 20.08.2008
Avec les enfants, ca peut changer, tu sais...
Il y a ... quoi...5 ans, tu m'aurais parlé d'avoir des enfants, j'aurais ri, affirmant que non, je n'aurais sûrement jamais d'enfant. Et aujourd'hui, je me rends compte que mon regard a bien changé. Je ne suis pas devenue "gâteuse" face aux enfants, je suis même encore un peu maladroite et mal à l'aise, mais oui, c'est vrai, je ressens l'envie d'en avoir. Et l'envie de les rendre heureux et épanouis (c'est d'ailleurs une de mes motivations pour sortir des TCA - je ne veux pas les rendre malheureux, voire leur transmettre des TCA, juste parce que j'aurais refusé de lâcher cette "béquille")
Ce qui a pu faire changer ca? Je crois que c'est l'âge, la vie, une autre facon de voir les choses, mon copain peut-être aussi,.. Tu verras, peut-être un jour te surprendras-tu à rêver d'une vie de famille, et deviendra même, qui sait, une maman heureuse?! :)
PS: je comprends que tu aies craqué sur cette petite fille, elle est vraiment mignonne comme tout! ^_^
Ecrit par : Elodie | 28.08.2008
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