29.07.2009

Meeko

n544331469_1458555_2450.jpgJe me suis toujours dit que c'était stupide de faire un hommage via un blog à l'un de ses animaux. Parce que pour moi, c'était évident que lorsque qu'il nous quittait on était triste, après avoir vécu tant d'années avec un animal et pas forcément des années ceci dit, on s'attache, c'est normal.

Moi j'avais quand même envie de parler de Meeko mon furet, décédé hier en fin d'après-midi. Parce que lui et moi ça n'a pas toujours été une histoire facile. Du début jusqu'à la fin.

Je me souviens encore des recherches pour le trouver. Je voulais donner un petit compagnon à Attila et mon choix s'était porté sur un mâle car j'avais beaucoup entendue qu'il était plus câlin que les femelles. Quelques annonces sur Internet et je tombe sur celle de Meeko. Furets albinos de 4 mois, il n'en restait qu'un, c'était lui. Rendez-vous pris dans une gare de Paris. Je n'avais qu'une caisse en carton pour le transporter. Nous avions eu du mal à trouver la femme qui me le vendait ce jour-là mon ex et moi.

Le retour en métro avec ma petite boule de poils blancs dormant profondément. Les gens qui s'attendrissent. Le réveil fut plus difficile. Une furie. Je n'avais jamais vu ça. Surtout ne pas se promener à pieds nus dans la véranda, nous l'avions prévenus et le voilà déambulant en chaussettes. Sa première morsure de furet, c'était Meeko. Meeko qui grattait des heures durant dans sa caisse car nous n'avions pas de cage adaptée, Meeko qui a bien failli s'appeler Azraël. Meeko qui en rentrant chez moi a continué de me faire peur à cause de ses morsures.

Il n'a finalement jamais arrêté de mordre. Il s'est juste calmé sur les mains, le seul endroit du corps qu'il ne mordait jamais. Par la suite ce n'était plus une morsure systématique à chaque morceau de peau découvert.
J'ai appris à l'aimer comme ça, avec son caractère étrange, son passé insoluble et peut-être pas si heureux que ça. Avec sa peur de nous et sa non-envie de se faire câliner.
Et une fois que tout ça fut acquis, hé bien tout s'est mieux passé. Il était comme ça et je ne devais pas essayer de le changer pour qu'il devienne le furet idéal qui fait des câlins quand moi j'en ai envie, qui ne fait jamais à côté de sa litière (bien que franchement, il était beaucoup plus propre qu'Attila). Je l'ai accepté avec ses défauts.

Aussi quand finalement hier, il est parti, lorsque le vétérinaire m'a annoncé qu'il était préférable de le laisser s'en aller, je me suis mise à pleurer sans pouvoir me retenir. Moi qui n'avait rien éprouvé en apprenant son cancer, ça paraît si loin une maladie quand ce n'est pas visible. Tant qu'il était là pour moi, c'était bien. Tant qu'il ne souffrait pas, c'était bien.

J'ai eu si peur quand mes frères et soeurs sont venus me chercher pour me dire que mon beau-père t'enterrait vivant. Je ne pouvais pas imaginer que tu étais là, sous terre, même si tu étais déjà passé de l'autre côté, j'ai hurlé quand il m'a dit qu'il ne voulait pas te sortir de là et que tu étais déjà mort. Bizarrement dès le matin, lorsque ta caisse avait disparu, je n'y croyais pas. J'ai eu raison de douter.
Sa petite tête sortie de terre, ses narines qui frétillaient malgré la faiblesse. Je t'ai pris dans mes bras et je crois que c'est le premier câlin que nous avons acceptés tous les deux. Tu as poussé un long soupir. Je t'avais juré la veille que tout se finirait d'une façon ou d'une autre aujourd'hui et que tu ne souffrirai plus. Alors quand ce vétérinaire t'a endormi avant de t'injecter la piqûre mortelle, j'étais soulagée oui. Triste mais soulagée que tout ça se finisse enfin pour toi. Soulagée d'avoir pu t'accompagner et te dire au revoir.

Je t'ai embrassé une dernière fois même si peut-être tu n'en avais pas conscience et ton coeur s'est arrêté de battre. Je t'ai souhaité bon voyage là-haut et je me suis dis que dorénavant, tu étais là pour veiller sur Lui.

23.07.2009

Jeux de bouche.

5g3ks3lw.jpgMa bouche est pleine de plaies. Ce n'est pas une énorme douleur, ce sont plutôt de petites choses diffuses. Une espèce de boule sur le palais, un aphte sur le côté de la langue, un bout de gencive qui me fait mal et ma dent qui a pris une couleur étrange. Elle est zébrée de blanc. Je me suis dis que c'était peut-être une fissure mais j'ai tellement peur de tout ce qu'il pourrait arriver à mes dents que jamais je n'irai chez le médecin/dentiste voir ce dont il peut retourner. J'ai trop peur qu'il m'annonce que mes dents sont fichues à force vomissements.

Quand j'ai commencé à vomir, je me suis dit que cela ne serait qu'occasionnel car de toutes façons j'avais un mal de chien à le faire. Maintenant j'en suis à me dire que je ne vomis pas "tant que ça" mais quand je regarde bien, cela fait quelques années maintenant que ce mécanisme est enclenché. C'est fou ce que cela passe vite, ça fait environs 3 ans. Trois ans d'estomac torturé, de gorge malmenée, de bouche usée. Mon coeur lui, je crois qu'il n'a rien. Je n'ai pas spécialement honte. Il m'arrive parfois de pleurer en pensant à tout ce que j'inflige à mon corps parce que je le vois comme une entité distincte. Ca me fais l'effet de faire du mal à quelqu'un d'innocent qui n'a rien demandé et veux juste vivre sa petite vie sans emmerder personne. Quand je me dis que je me fais du mal à moi-même, je m'en fous.

Alors là, j'essaye de vomir le moins possible. Ca sous-entend ne rien manger qui puisse me faire vomir mais à force de manger les mêmes aliments, ils finissent forcément par m'écoeurer et j'ai des orgies de bouffe tout simplement normale. Des pâtes, du riz, du pain, des carottes râpées, un peu de viande parfois.

Et le pire c'est que l'idée de voir un psy pour ça, de faire une thérapie ne m'effleure même plus l'esprit tellement c'est devenu une solution peu envisageable. J'attends. Peut-être que ça ira mieux l'année prochaine si j'ai enfin mon chez moi. Si ça ne va pas, je repousse encore l'échéance mais je me dis que là peut-être je devrais tenter de demander de l'aide à quelqu'un de compétent.

17.07.2009

Attente.

J'aimerais vraiment écrire de manière régulière comme j'ai pu le faire à une époque. Je ne faisais pourtant rien de plus de ma vie que maintenant alors je me demande bien ce que je pouvais raconter pour écrire autant. Je relis parfois cette période et je ne me reconnais pas. J'étais sèche, cassante, peut-être un peu aigrie mais au moins, je me sentais forte. A défaut de l'être, je le sentais au plus profond de moi-même.

Aujourd'hui si je fais un mini-bilan, je ne crois pas avoir beaucoup évoluée. Je ne suis plus d'une maigreur effrayante, j'ai un poids dit normal, je ne pense pas qu'en me voyant les gens me trouvent particulièrement grosse ou particulièrement maigre, pas même fine. Normal. Cette normalité qui me gêne tant.

J'ai moins d'amis, enfin pour parler franchement moins de relations. Parce que ça m'emmerde les autres. Je n'ai plus envie de les connaître, je préfère être un ours et rester tapie au fond de ma caverne derrière mon écran.

J'ai un copain mais c'est une constante, je n'ai presque jamais été seule à partir du moment où j'ai eu un petit ami pour la première fois. Du coup, ça c'est assez secondaire, ce n'est pas quelque chose de réellement remarquable parce que je me dis que jamais je ne serais seule à ce niveau-là, sauf si bien sur je me fais larguer en pleine période comme en ce moment, là il va falloir me recréer un réseau social pour rencontrer des gens dont des garçons BLA BLA.

J'ai toujours mes deux meilleurs amis, respectivement Lui et Elle, Lui que je pensais éloigné pendant un moment mais finalement, nous en revenons toujours aux sources. Nous étions dans le même lycée et pourtant nous ne nous croisions presque pas, cela du à mes nombreuses absences et mon besoin de solitude.
Elle c'est une seule dispute en 4 ans, ce sont des contacts journaliers. Elle fait tellement partie de ma vie que parfois je ne me rends pas compte qu'elle pourrait très bien ne pas être là. J'entends par là qu'elle fait partie de mon quotidien, désolée de la comparaison mais c'est comme ma plaquette de pilule, j'en prends une chaque matin, c'est comme mon repas du soir, mon bol de fromage blanc 0% avec céréales. Elle fait tellement partie de moi que je n'y prête plus attention. Et pourtant, quand parfois on ne peut se parler durant quelques jours, c'est une absence que je ressens immédiatement, comme mon pot de fromage blanc :p

J'ai perdu le respect que j'avais pour l'autre moitié de ma famille. Ma mère et mes frères et soeurs. Qui suis-je pour me permettre de juger, j'ai mes torts également mais j'ai été déçue. Je ne sais pas s'ils le sont de leur côté car peut-être qu'eux ne m'idéalisaient pas mais moi j'ai été profondément touchée par ça et ma mère n'est plus une héroïne. Elle n'est qu'une simple mortelle qui croit se battre pour ce qu'elle veut mais qui au fond se débat dans sa toile d'araignée sans vraiment songer à la solution qui la ferait s'en libérer. On s'attaque à la surface mais pas à la source, le combat est vain.

J'ai mis les choses au clair avec mon père et plus d'une fois. Je lui ai dis ce que je pensais de lui et rien n'a changé. Bien sur, je m'entends mieux avec car je n'y habite plus mais dans le fond, il me fait toujours pitié et je sais qu'il est toujours aussi peu franc, mesquin et surtout aigri. Parfois quand je suis en colère, je repense à certaines choses qu'ils m'ont fait et la rage me prend. Je lui envoie un mail avec tout ce que je ressens à son égard. La réponse est toujours inéluctablement la même, il se pose en victime. Je déteste ça. Nous sommes tous les victimes de quelqu'un et nous sommes également tous les bourreaux de quelqu'un.

J'ai eu mon bac. En soit j'ai réalisé un rêve. Ca semblera stupide mais je crois que je pourrais mourir tranquille maintenant. Je n'ai pas déprécié. Je n'ai passé qu'un bac STG et ça me déçoit peut-être quelque part car j'ai les idées trop grandes mais je l'ai eu ce bac en essayant de me dire qu'en ayant été trois mois en cours cette année et environ la même chose l'année dernière, ce n'est pas si terrible que ça.
Alors j'en suis fière quand même parce que grâce à ça j'envisage autre chose. Sans grande joie curieusement, je me dis juste que ce sera la même merde ailleurs sauf que là, ma merde, je ne la devrais qu'a moi. Je pense donc tenter une fac de lettres, et quand j'y pense je me trouve bien prétentieuse face à ça. Comme si moi après un BEP et un bac STG, je pouvais prétendre à atteindre le niveau de personnes ayant suivies la filière faite pour les lettres.
Si j'échoute, je retournerai à mes modestes ambitions et je ferai un BTS Négociations et Relations Client ou BTS Management des Unités Commerciales qui correspond curieusement à la suite de mon bac mais dont je suis vraiment nulle dans les matières principales (je suis pile à la moyenne sur mes notes de bac sauf en management).

Enfin, j'ai perdu une chose qui m'étais déjà très chère au bout de seulement deux mois et je crois que jamais je ne pourrais m'en remettre. Je n'en parle pas car de toutes façons, en parler une vie entière ne me ferais pas revenir en arrière mais j'ai au moins compris que mes choix, je devais les faire seule parce que les gens ne me connaîtront jamais aussi bien que je me connais moi-même.